Mardi 5 janvier 2010
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Le bilan provisoire de la nuit de la Saint Sylvestre 2009/2010 de 1 137 véhicules incendiés est très décevant. Depuis 2006 les différents gouvernements mettent en œuvre à grand frais un
dispositif d'exception le soir du réveillon sans résultat probant. Cette année, malgré la présence sur le terrain de 45 000 policiers et gendarmes (10 000 de plus qu’en 2008) et bien qu’il y ait eu
deux fois plus d’interpellations qu’en 2008/2009, le constat final est déprimant et pose des questions.
Evolution du nombre de véhicules incendiés selon les chiffres officiels transmis à la presse par le ministère de l'intérieur; 324 en 2004, 337 en 2005, 425 en 2006, 397 en 2007, 878 en 2008,1147 en
2009, 1137 en 2010.
Depuis 1998 et sa nuit de la Saint-Sylvestre agitée à Strasbourg les chiffres se dégradent continuellement. Aujourd’hui en 2010 la manière de communiquer sur ce « phénomène de société » est
extrêmement inquiétante. Parler d’inversion de tendance et de nuit de la Saint Sylvestre « calme » c’est banaliser un comportement d’une sauvagerie inacceptable.
Le ministère de l'intérieur au matin du 1er janvier, a communiqué sur les interpellations de la nuit, 405 et noté « qu'aucun incident important n'a été constaté ». Vers 18 heures, un nouveau
communiqué officiel a indiqué que le nombre de voitures brûlées au cours de la nuit s'élevait à 1 137. Le ministre de l’intérieur Brice Hortefeux a déclaré au journal Le Monde « Globalement, nous
sommes soulagés. Il n'y a pas eu d'accidents graves, et il y a une rupture de la tendance à la hausse du nombre de voitures brûlées » (ce qui est quand même très optimiste -10 véhicules sur 1147
soit – 0,008% !)
Comment interpréter ces informations?
Les différents gouvernements ont systématiquement essayés la surenchère. Plus de violence = plus de présence policière. Une présence de masse avec visiblement une défaillance dans l’organisation et
la stratégie. Alors que face aux forces de l’ordre ont trouve une délinquance atomisée, inorganisée, comme le dit Brice Hortefeux "Ce sont des gamins parfois isolés, dit-il, comme ce délinquant
mineur interpellé tout seul à Asnières avec son bidon d'essence à la main."
C’est comme si nous avions pendant 10 ans continué à utiliser un marteau pour tuer une mouche. Il est temps de changer de méthode pour organiser une approche de terrain flexible et très mobile
capable d’anticiper pour éviter le pire.
Michel Dupart
Par Michel Dupart
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Publié dans : SOCIETE
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